Fête de L'ours PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Gueule à Fioul   
Dimanche, 19 Mars 2006 16:43
oursLe Carnaval et la Fête de l'Ours de Saint Laurent de Cerdans

La Fête de l’Ours dans ce village du haut Vallespir (canton le plus au sud des Pyrénées Orientales) est une tradition dont les origines remontent à plusieurs siècles.
Cette fête inaugure les festivités carnavalesques de St Laurent.

Dans le passé, elle avait lieu le 2 Février, date de la chandeleur, qui marque la fin de l’hibernation deours_souf l’ours. Le dicton affirme que s’il fait beau ce jour là, la bête replonge dans sa caverne pour 40 jours supplémentaires, s’il fait sombre au contraire, elle rompt son sommeil de l’hiver et annonce le printemps; Jadis, les jeunes garçons des villages pyrénéens voulant prouver leur bravoure, partaient en forêt pour capturer un ours qu’ils exhibaient ensuite dans les villages de la vallée. Le moment était bien choisi et la tâche facilitée car l’animal était affaibli par sa longue hibernation. La tradition s’est perpétuée, mais faute de bête féroce, c’est un jeune villageois qui se déguise et la capture devient simulacre.

A 15H, l’ours enfin prêt, sort de sa caverne. Profitant de la surprise générale, revigoré par le retour du beau temps, il enlève une jeune fille et l’emmène dans la forêt. Pour délivrer la belle, tout le village se mobilise et la battue commence. Le monstre terrible est capturé, enchaîné et le “meneur” homme courageux exhibe sa proie dans les rues du village. Pour auréoler son exploit, il récite “la predica de l’os” un poeme catalan qui retrace les méfaits de la bête et vante le courage du valeureux chasseur. De place en carrefour, l’animal danse au rythme d’un air typique joué par la cobla. Autour de lui chasseurs et parfois spectateurs s’élancent dans une ronde endiablée. La bête tente à plusieurs reprises de s’échapper, bondissant ici, sautant là bas. Mais le meneur le tire ferme et réussit à le conduire jusqu’au terre-plein du “centro”. Ici, l’ours est installé sur un tronc d’arbre et le public fait cercle autour de lui. Le meneur entame la danse rituelle, muni de sa hache, petit à petit, il rase le fauve. Soudain l’ours s’effondre, mort. Il reste quelques minutes affalé sur le sol, puis se relève brusquement.

ours_finIl a repris visage humain. Il choisit alors une jeune fille et l’entraîne dans la danse rituelle. Des sardanes clôturent la fête. Tout au long de cet après midi carnavalesque des personnages curieux escortent l’ours. Tout d’abord la “monaca”. Il s’agit d’un curieux monstre funèbre, ayant 2 troncs, 2 têtes et 4 paires de membres. Ce personnage est censé représenter la fin de l’hiver et l’arrivée du printemps. Il terrorise les jeunes filles et les enfants car il est constitué de telle sorte que virevoltant sur lui même il peut facilement atteindre les gens soit avec ses vrais membres, soit avec ses bras ou ses jambes de paille.

Deux jeunes gens déguisés en vieillards promènent “l’escalfador”. Il s’agit d’une bassinoire de cuivre dans laquelle brûlent avec une odeur peu agréable, des poils de cochon. Taquins, ils essaient de la glisser sous les jupes des jeunes filles ou des femmes. Deux autre jeunes revêtus de longues chemises de nuit blanches brandissent sous le nez des badauds un boudin trempé de muscat.


Une belle fête populaire d’où toute violence est exclue, et qui a su conserver précieusement et transmis de génération en génération, la pureté et la richesse des rites ancestraux.Les péripéties de la Fête

Depuis 93 une véritable peau, importée du Canada est venue remplacer la précédente exposée depuis au Musée de St Laurent. Un costume plus ancien encore est, lui, exposé à la Casa Païral de Perpignan.

 

Mise à jour le Mardi, 21 Mars 2006 16:37
 

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